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La Médiation en débat [22/05/2006] - Auteur : admin
 

           LA MEDIATION EN DEBAT.

 

La revue LE DEBAT (http://www.le-debat.gallimard.fr/), dans son numéro 140 (mai-août 2006) publie un dossier de 85 pages consacré à la Théorie de la Médiation.

 

Le titre, « Une nouvelle théorie de l’esprit : la médiation », pourrait surprendre si l’on ne pensait qu’à cet héritage discutable de la cinquième Méditation Cartésienne d’Husserl, qui semble constituer un point de passage obligé dans les approches contemporaines de l’autisme et qui s’intitule communément « théorie de l’esprit ». Point de cela ici ; il suffit de feuilleter le dossier pour comprendre qu’il s’agit de bien autre chose, à savoir : d’une anthropologie clinique cherchant à expliquer le fonctionnement culturel de l’humain. Une autre théorie de l’esprit, effectivement.

 

Marcel Gauchet, Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et rédacteur en chef  du  Débat, introduit ce dossier en signalant que si « la mode structuraliste s’est retirée sans laisser beaucoup de résultats ni de traces », on s’aperçoit « que cette mobilisation des esprits qu’on croyait vaine a tout de même porté ses fruits, discrètement », grâce à cet « esprit original, à l’écart des feux de la rampe » qu’était Jean Gagnepain et dont la Théorie de la Médiation « représente l’une des percées majeures des sciences de l’homme au cours du dernier demi-siècle ». Ce « modèle d’accès difficile », écrit Marcel Gauchet, « il n’est que temps de le découvrir ». [Lire le texte complet]

 

D’emblée, Olivier Sabouraud, qui nous a quittés quelques semaines après Jean Gagnepain, montre que la neurologie, actuellement bloquée dans le champ des neurosciences mécanistes, a besoin d’un modèle déconstruisant la rationalité humaine,  capable de donner cohérence aux observations des neurologues et fondant ainsi ce que Jean Gagnepain appelait une « anthropobiologie ». (Olivier Sabouraud, « En quête d’une théorie de l’humain », page 68).

 

Hubert Guyard et Jean-Yves Urien montrent comment la clinique des aphasies oblige à récuser l’évidence d’un langage qui se saisirait comme un fait homogène et particulier. En fait, nous disent-ils ils, exemples à l’appui, « parler n’est pas si simple » et l’hétérogénéité des réponses de patients peut cacher l’homogénéité spécifique d’un trouble  qui peut être certes trouble du langage, mais qui peut aussi être un trouble se donnant à voir notamment dans le langage. A chaque fois, il est nécessaire de diffracter et de ramener le phénomène à l’instance immanente, fondamentalement dialectique, qui le cause. (Hubert Guyard, Jean-Yves Urien, « La pluralité des raisons », page 86).

 

Ligne de partage entre les faits naturels et les faits culturels, immanence, implicite et dialectique se retrouvent encore lorsque Jean-Claude Quentel et Attie Duval constatent que le langage se fait langue mais aussi cens. Dans cette perspective, et dans le prolongement du dialogue entre la Théorie de la Médiation et la psychanalyse lacanienne, les auteurs s’attachent à montrer que « l’éthique n’est pas le code » et que la clinique permet de dissocier dans la globalité des phénomènes observés une rationalité éthique d’une rationalité ethnique ou, si l’on préfère, sociologique. (Jean-Claude Quentel, Attie Duval : « L’autonomie de l’éthique », page 106).

 

L’autonomie de l’ethnique est réaffirmée par Jean-Claude Quentel et Jacques Laisis lorsqu’ils traitent de la question des fondements du lien social. « Il faut comprendre la Personne comme un principe abstrait qui s’investit dans des situations sociales diverses » qui, à chaque fois, impliquent  à la fois alliance, classement social et, en action réciproque avec celles-ci, paternité (ou parentalité si l’on préfère), contribution sociale, dans un processus dialectique qui à la fois singularise et universalise. (Jean-Claude Quentel, Jacques Laisis : « Le lien social », page 126).

 

L’ensemble du dossier est donc très cohérent dans sa thématique comme dans l’enchaînement des articles.

 

Comme il est de tradition dans la revue, une personne extérieure à la Médiation vient lancer le débat. Philippe de Lara constate que « l’entreprise de Gagnepain et Sabouraud a effectivement ouvert un chemin, seulement rêvé ou entrevu par la théorie du langage ». S’il regrette parfois un ésotérisme qui pourrait rendre la Médiation « indigeste », l’auteur montre en maints endroits qu’il a su lui-même en saisir beaucoup des concepts fondamentaux. Il nous interroge sur la dialectique –et donc, indirectement, nous invite à en approfondir la théorisation pour qu’elle ne soit pas seulement « inflation du langage dialectique »- et pense qu’il manque au modèle « le plan de l’institution », c’est-à-dire, à côté de la capacité humaine à faire du social, une « théorie de la société ». Mais n’est-ce pas là, précisément, l’objet de notre réflexion sur la constitution ou, si l’on préfère, sur « le politique » ? Quoi qu’il en soit, les remarques de Philippe de Lara sont précieuses en cela qu’elles instaurent un dialogue entre théoriciens – praticiens de la Médiation et l’ensemble des spécialistes des sciences humaines. (Philippe de Lara : « Du langage à l’anthropologie générale » page 139).

 

Voilà donc la Médiation introduite dans le débat scientifique : c’était d’autant plus nécessaire que les sciences humaines traversent une crise. Après l’abandon du structuralisme, et avec, à l’exception notoire du monde lacanien, la mise en pénitence de la structure, de l’implicite et de la dialectique,  il semble que la recherche soit orientée majoritairement aujourd’hui vers un positivisme mécaniste, qu’il prenne le masque de la pragmatique ou celui du cognitivisme. Il apparaît de moins en moins douteux que, faute de découvertes fondamentales comparables, par exemple, à celles de Freud ou de Saussure, l’actuel paradigme des sciences humaines conduira à des révisions déchirantes. La Médiation devra alors être présente au moment de la renaissance. Sans, peut être, se contenter de demeurer « théorie » mais en se faisant également « pratique ».

 

Admin.

 

Ps : il va de soi que les internautes sont invités à débattre sur le Forum, contribuer dans les Dossiers et, pour les abonnés, sur la liste tmedia.


La Famille Change-t-elle ? [16/05/2006] - Auteur : admin

Nous avons le plaisir d’annoncer la publication, aux éditions Erès, d’un ouvrage collectif, sous la direction de Daniel Coum et auquel ont participé des auteurs médiationnistes :

La Famille change-t-elle ?

 
Daniel Coum , psychologue, directeur de l’association Parentel (Brest).

Co-Auteurs : Alain Bouregba - Geneviève Delaisi De Parseval - Sylviane Giampino - Patrice Huerre - Maria Maïlat - Claude Martin - Jean-Claude Quentel - Jean-François Simon -

ISBN : 2-7492-0573-5
14 x 22, 144 pages
15.00 €

Les mutations sociales, la modernité nous confrontent à de nouvelles façons d’être en famille. Afin de dépasser le moralisme et l’idéologie, cet ouvrage envisage, avec l’aide des sciences humaines, l’évolution de la famille du point de vue des conditions de la fondation du sujet. Il s’agit de ne pas continuer à opposer stérilement la famille de l’Ancien Régime - qui ne respectait sans doute pas la singularité de ses composants - à la famille dite “moderne” parce qu’idéalement démocratique - mais où la place de chacun est floue et interchangeable. La monoparentalité, les familles recomposées, l’homoparentalité même, n’épuisent sans doute pas le potentiel créatif dont nous disposons pour inventer les nouvelles manières d’être parent. Mais elles ne sauraient non plus constituer de nouveaux modèles, dès lors aussi aliénants que les précédents.


Les auteurs de cet ouvrage, chercheurs, universitaires et praticiens, proposent quelques repères à la liberté que se donne une génération pour éduquer la suivante. Par là, il s’agit également de se préparer à continuer d’être les acteurs sociaux de ces changements pour mieux en accompagner le développement, les aléas et les progrès…

Par ailleurs, l’association PARENTEL, animée par Daniel Coum, organise son 6e Congrès sur la parentalité :


Par-delà nature et culture : la dialectique ? [13/05/2006] - Auteur : admin
La rubrique des "Dossiers" s'enrichit d'une nouvelle catégorie, "Lectures / critique" qui regroupera toutes les contributions consacrées à la lecture médiationniste d'ouvrages en sciences humaines - voire en sciences "naturelles", pour autant que toute science est, in fine, humaine.
 
Avec le document :
 

Par-delà nature et culture : la dialectique ?

Une lecture médiationniste du livre de

Philippe Descola

 

 
Jean-Michel Le Bot nous livre une analyse critique des thèses exposées dans "Par-delà Nature et Culture" de Philippe Descola (Gallimard, Bibliothèque des Sciences) et en tire un questionnement propre à susciter des discussions théoriques au sein de la communauté des médiationnistes, dont le Modèle de la Médiation pourrait bénéficier.
 
Jean-Michel nous explique ainsi son entreprise :
 
"La distinction entre nature et culture est centrale dans la théorie de la médiation. Se démarquant de tout évolutionnisme, elle insiste en effet, plus peut-être que toute autre théorie anthropologique, sur l’existence d’un seuil de l’humain, sorte de saut qualitatif séparant l’homme de l’animal, fut-il un grand singe. En deçà du seuil, la nature. Au-delà, la culture, identifiée au spécifiquement humain.

 

C’est du moins l’une des lectures qui peut-être faite de ce que nous a transmis Jean Gagnepain. Lecture un peu simpliste sans doute tant il est vrai que si le même Gagnepain assigne à la biologie l’étude des phénomènes de nature (en deçà du seuil donc), il confie à une anthropobiologie l’étude des phénomènes de culture (au-delà du seuil). Il y a donc bien biologie de part et d’autre de ce fameux seuil, même si avec son franchissement, cette biologie qui s’anthropise doit intégrer au moins deux concepts tout à fait étrangers à la biologie végétale ou même animale : le concept de négativité (donc aussi de structure et d’immanence) et le concept de dialectique. Car si nature et culture sont bien séparées par ce seuil, dont il convient d’ailleurs d’attester cliniquement l’existence, elles ne perdent pas pour autant tout rapport. Au contraire, c’est de leur relation qualifiée de dialectique que s’instaurent les performances humaines tant verbales que techniques, sociales ou morales.

 

Solution élégante pour sortir tant d’un monisme réductionniste qui ne voudrait voir finalement qu’une nature (monisme dont participe aussi bien l’évolutionnisme que le behaviorisme) que d’un dualisme radical à la Descartes, le recours à la dialectique n’en inscrit pas moins la théorie de la médiation dans ce que l’anthropologue Philippe Descola désigne comme une ontologie typique de la pensée occidentale, ontologie qu’il appelle naturaliste en ce qu’elle passe par l’identification d’une nature à laquelle vient ou non s’opposer une culture.

 

Pour le dire autrement, aussi différente soit-elle de l’évolutionnisme, du behaviorisme, du cognitivisme, mais aussi de toute la tradition humaniste s’attachant à décrire des phénomènes culturels pensés comme sans liens aucuns avec une quelconque nature – et Dieu sait si Jean Gagnepain a lui-même exposé son modèle en se démarquant explicitement et soigneusement tant des uns que des autres – la théorie de la médiation n’en participerait pas moins, comme eux, d’une ontologie naturaliste caractéristique de la tradition occidentale. 

 

C’est en tous cas la conclusion que l’on peut tirer de la lecture de l’ouvrage récent de Philippe Descola, intitulé Par-delà nature et culture (2005). Rien de bien intéressant ni de bien original dans cette conclusion pourra-t-on me faire remarquer. La théorie de la médiation est une théorie occidentale ! La belle affaire ! On s’en serait douté. L’enjeu ne serait pas d’associer ainsi la théorie de la médiation à d’autres théories concurrentes pour les relativiser (culturellement !) ensemble, mais bien d’insister sur ce qui distingue le paradigme dialectique de la médiation tant du paradigme réductionniste du naturalisme moniste (qui seul mériterait qu’on le qualifie de naturaliste) que d’un paradigme humaniste confinant volontiers à l’irrationalisme.

 

Car encore une fois, c’est bien ainsi que Jean Gagnepain nous a présenté les choses, nous indiquant du même coup une démarche à suivre. Pour autant, je pense qu’il y a plus à tirer de la lecture de Descola qu’un simple relativisme culturel. Et c’est ce à quoi je vais consacrer le présent texte. Je commencerai par résumer ce que nous apporte Descola avant de discuter de cet apport du point de vue de la théorie de la médiation, mais aussi pour cette théorie."

 

Le document est accessible dans le Dossier et en Téléchargement

 

Une discussion peut se faire par la Liste "tmedia" ou via le forum (un fil peut être créé) ou en adressant des contributions à l'administrateur du site.


Nouveauté : LA MATERNELLE [12/05/2006] - Auteur : admin
Dans le dossier "Enfance et Education", une contribution de Jean-Luc Lamotte :
 
 
Ecrite dans un style incisif et musclé, cette contribution critique la confusion entre les années de guidance pédagogique et celles de formation, conduisant à un retard excessif dans le plein exercice de la Personne. En même temps qu'une critique du système éducatif, l'auteur propose des solutions.


Le langage [07/05/2006] - Auteur : admin
 
La seconde édition de l'ouvrage de Jean-Luc Lamotte : "Introduction à la théorie de la Médiation ; l'anthropologie de Jean-Gagnepain" (chez De Boecke Université, coll. "raisonnances") s'enrichit d'une réflexion sur la langage.
 
Cet addendum, qui nous a été courtoisement communiqué par l'auteur, peut être lu dans les dossiers ou téléchargé.
 
Il s'agit-là d'un complément utile et agréable à lire de la réflexion sur l'anthropologie de Jean Gagnepain.


Restauration du forum [01/05/2006] - Auteur : admin
Le forum du site avait disparu, suite à la malveillance d'un "hacker". Il est désormais rétabli.
 
Afin de renforcer la protection, c'est une nouvelle version que nous offre l'ingénieur. Malheureusement, la base de données a été endommagée. Aussi, les amis qui souhaitent utiliser les possibilités du forum devront s'y réinscrire (login et mot de passe) en évitant, pour des raisons de sécurité, d'utiliser leur login et leur mot de passe du site (et aussi ceux des listes !).
 
Le forum n'a pas le même usage que les listes, il peut donner lieu à des échanges plus directs et plus vifs parfois, sans tomber dans la dispute, bien entendu,  et des fils peuvent être créés entre chercheurs.


Nouvelles publications [08/04/2006] - Auteur : admin
 NOUVELLES PUBLICATIONS
 
 
Pascal METTENS 
PSYCHANALYSE ET SCIENCES COGNITIVES.
Un même paradigme ?
De Boeck, collection Oxalys.


Pascal Mettens, Maître de Conférences à Aix-en-Provence, travaille avec la médiation depuis sa rencontre avec Régnier Pirard en Belgique. Il s'agit là d'un travail effectué à partir de sa thèse, thèse réalisée sous la direction de Régnier Pirard, psychanalyste et actuellement Professeur de psycho-pathologie à Nantes.

Cet ouvrage courageux et osé devrait faire son chemin dans le contexte actuel du secteur "psy", particulièrement agité et difficile.


Clément de Guibert et Laurence Beaud 
Différence entre autisme de Kanner et "psychose infantile" : déficit
d'unité vs d'identité de la situation ?

dans "Psychiatrie de l'enfant", XLVIII, 2, 2005, p. 391 - 423.

 
Benoît Didier
LES LOGIQUES DU DÉSIR ENTRE NÉVROSE ET PSYCHOSE
dans "Cahiers de psychologie clinique", 24, 2005/1, p. 13 à 32

Résumé :

Ayant pris la mesure de la différence entre la théorie freudienne du désir, centrée sur l'explication économique et celle de Lacan, centrée sur la reconnaissance, nous proposons de lire cette différence à partir d'une opposition – articulation de deux registres anthropologique. À savoir, celui (économique) du traitement de la valeur et celui (sociologique) du traitement de l'identité. Nous montrons comment cette différence, de n'être par reconnue comme telle, est génératrices d'apories tant dans le corpus lacanien que dans le corpus freudien. Nous attestons de la logique structurale qui articule ces deux déterminismes anthropologiques en la montrant à l'œuvre dans la construction diagnostique réciproque de la névrose et  de la psychose. Cette articulation met en évidence l'autonomie clinique des processus sous-jacents, mais manifeste également le lien qui les unit dans le rapport du trouble et de sa compensation symptomatique.
Mots-clés : Désir, Structuralisme, Valeur, Identité, Névrose, Psychose.


Jean-Luc Brakelaire
EXILÉS, ORPHELINS ET SEULS SURVIVANTS DE NOS CULTURES D'ORIGINE
Conséquences culturelles et subjectives de la modernité pour les occidentaux et pour les autres
Cahiers de psychologie clinique, 24, 2005/1, p. 13 à 32


Résumé :

L'auteur tente de cerner la souffrance subjective et culturelle qui frappe tous les enfants de la modernité. Celle-ci nous contraint à assumer une condition et une position nouvelles, celles d'exilés, d'orphelins et de derniers survivants de notre culture. De cette
contrainte, quand elle peut être assumée, naît une liberté incroyable et porteuse. Mais elle conduit le plus souvent à un aveuglement et une fuite en avant. L'analyse s'appuie sur le témoignage anthropologique de deux indiens du Nouveau Monde happés par la
modernité à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème.
Mots-clés : Exil, culture, modernité, souffrance, survivance.
 
Benoît Didier
LE MONDE ÉCONOMIQUE : SYMPTÔME DANS LES TOXICOMANIES
Entre don et économie marchande, entre compensation et décompensation dans "Cahiers de psychologie clinique", 26, 2006/1, p. 113 à 134

 
Résumé :
L’argent étant intriqué indissociablement à la drogue dans l’existence des toxicomanes, nous nous sommes interrogé sur la manière dont la vie économique déterminait les formes symptomatiques.
Au préalable nous avons dégagé deux logiques, en utilisant le paradigme du don comme contrepoint. La première, celle du don, privilégie la dimension de l’échange et du lien, et la seconde, celle de l’économie de marché, privilégie le traitement des valeurs. Nous interrogeant ensuite sur le concept de symptôme nous proposons de concevoir les manifestations psychopathologiques comme résultant  d’une dynamique entre trouble et compensation. Ayant posé ces deux  préalables, nous construisons deux versions possibles d’aménagement symptomatique du rapport au monde économique que nous confrontons à des fragments de notre expérience clinique au sein d’une institution résidentielle pour toxicomanes.
Mots-clés : , don, marché, utilitarisme, dépendance, psychopathologie.

Benoît Didier, Sandrine Rastelli, Anne De Keyser, Jean-Luc Brackelaire
Une nouvelle étude sur l'affaire Romand :
QUI PORTE LE SYMPTÔME ?
De soi à l'autre : le couple comme créateur et gardien du trouble
"Cahiers de psychologie clinique", 26, 2006/1 p. 177-2003

Résumé :
Nous abordons l’histoire singulière de Jean-Claude Romand, meurtrier de sa femme, de ses parents et de ses enfants, en considérant la participation de ses proches au montage identitaire qui le conduira à l’issue meurtrière. La question est bien de savoir qui porte le symptôme dans cette construction dont nous montrons au préalable qu’elle porte bien sur la question de son identité. Son rapport à l’argent, la logique anthropologique du don, et la scénographie des meurtres sont autant d’opérateurs sur lesquels nous avons éprouvé cette hypothèse d’un trouble identitaire. Dans la seconde partie, nous déployons les ressorts de la participation des autres à la construction symptomatique du personnage de Jean-Claude Romand. Au travers de la distinction que nous opérons entre des couples et des duos, nous montrons que les facteurs constitutifs de la subjectivation au travers des confrontations et des rencontres ne jouent que d’une manière faussée pour Jean-Claude Romand.
Mots-clés : , identité, couple, symptôme, faux-self, meurtres, Romand.


Jean Gagnepain [26/02/2006] - Auteur : admin
 
Olivier Sabouraud
 
Quelques semaines après Jean Gagnepain, Olivier Sabouraud, son compagnon de route de la première heure, nous a quittés à son tour, le 23 février.
 
Tous ceux qui l'ont connu et qui se sont inspirés de ses travaux sont profondément affligés par cette nouvelle.
 
 
Jean Gagnepain nous a quittés.
 
Hommage lui est rendu dans la revue Le Portique.

Voici également le texte de l'hommage paru dans le journal "Le Monde" daté du 13 janvier 2006.
 
 

Jean Gagnepain

Ce linguiste plaça son oeuvre sous le signe de l’épistémologie.
 
JEAN GAGNEPAIN, linguiste, anthropologue, est mort, mardi 3 janvier, à l’âge de 82 ans. Né le 16 novembre 1923 à Sullysur-Loire (Loiret), Jean Gagnepain a effectué la plus grande partie de sa carrière à l’université de Rennes, où il fonda la section de linguistique générale dans les années 1960, et d’où ses recherches ont connu un rayonnement considérable, bien qu’à l’écart des voies de diffusion en vigueur, dont il faisait fi. Il était atypique à tous égards : agrégé de grammaire, auteur d’une thèse sur l’irlandais, féru de mathématiques, curieux de toutes les sciences humaines, il plaça toute son oeuvre sous le signe de l’épistémologie, qu’il considérait comme le socle indispensable de tout progrès des sciences humaines.

A rebours des courants dominants qui concevaient l’interdisciplinarité, Jean Gagnepain s’attacha à la construction d’un système intégrant l’étude du langage dans une vision anthropologique globale. Dans cette optique, le langage devait être « déconstruit » en différents « plans », dont un seul (qu’il a dénommé « glossologique ») relevait explicitement de la linguistique, les autres ne se distinguant pas de l’objet des sciences humaines voisines (sociologie, psychologie, technologie, etc.) qui devaient effectuer leur propre révolution épistémologique.

Cette démarche s’est concrétisée dans une construction théorique connue sous le nom de théorie de la médiation, qui lui a permis de proposer des avancées spectaculaires (et encore trop peu exploitées) en linguistique,notamment dans le domaine de la descr1ption grammaticale ; la puissance du modèle a d’autre part fécondé les disciplines voisines, dans lesquelles les collaborations ne lui ont pas fait défaut pour élaborer son gigantesque projet. On trouvera un reflet figé de cette pensée dans son volumineux traité Du vouloir dire (Pergamon Press, 1982), et dans la revue Tétralogiques, éditée par l’université de Haute-Bretagne.

Maurice Pergnier
linguiste, professeur émérite
à l’université Paris-XII.
  
Voir aussi : "Un esprit de géométrie


Un esprit de géométrie [17/02/2006] - Auteur : admin
Voici ce que nous dit Jean-Michel Le Bot à propos de l'apport  de Jean Gagnepain aux sciences humaines :
 
"Très touché par la disparition de Jean Gagnepain, je me suis pris ces derniers jours à réfléchir sur ce qu'il nous a apporté de plus essentiel. Il me semble que cet apport résulte de l'introduction dans les sciences humaines de ce que l'on peut appeler un « esprit de géométrie », en référence à la métaphore des plans, faces, axes et autres projections qui caractérise la théorie de la médiation.

Cet « esprit de géométrie » permet d'introduire un certain ordre dans le champ de l'anthropologie exactement comme la classification périodique de Mendeleïev permettait d'introduire un certain ordre dans l'identification autrement disparate et aléatoire des « éléments » (faire un cours de chimie avant Mendeleïev, dans les années 1860, nous dit Bruno Latour, « c'était parcourir des listes incohérentes de réactions en vrac »1). Mais il ne faudrait pas croire que cette classification en plans, faces et axes consiste seulement à ranger du déjà connu. En réalité, l'introduction d'un ordre méthodique fait surgir de nouvelles connaissances, en produisant de nouveaux rapports, de nouvelles relations (y compris des relations sociales, car il le modèle invite par exemple à la rencontre du sociologue et du psychologue, voire du neurologue, autrement que dans la sempiternelle « interdiscipline »).

Ces nouveaux rapports font que l'aphasie taxinomique de Jean Gagnepain n'est plus l'aphasie de Wernicke, de même que la paranoïa médiationniste n'est ni celle de Kraepelin ni celle de Freud et Lacan (en témoigne la discussion autour de la reclassification de Schreber comme paraphrène et non comme paranoïaque).  Pensons aussi à la dite « psychose » maniaco-dépressive que certains psychanalystes attribuent encore, au même titre que la paranoïa, à la forclusion du nom-du-père. Et ce n'est pas tout, car la classification de Gagnepain – ce que j'ai appelé son « esprit de géométrie » - permet aussi d'identifier et de prévoir l'existence de troubles et de facultés qui n'avaient pas jusque là été isolés empiriquement : que l'on pense à la schizophasie qu'il faudrait dissocier des symptômes schizophréniques, que l'on pense à la découverte authentique de l'atechnie, dissociée des apraxies. Là encore se justifie la comparaison avec Mendeleïev dont la classification périodique, dans sa seconde version de 1871, permettait de prévoir l'existence d'éléments qui n'avaient pas encore été isolés empiriquement à cette date (la découverte dans les années suivantes du scandium, du gallium et du germanium dont la place avait été prévue par le chimiste russe contribuant grandement au succès de sa classification).

C'est dire la portée inestimable de l'enseignement de Jean Gagnepain et l'ampleur de l'hommage qui lui est dû. L'état déplorable des sciences humaines en ce début d'année 2006 souligne encore par contraste cette portée (je ne suis pas Molière et je ne m'étendrai pas sur les querelles bien peu scientifiques qui s'étalent dans la presse et le monde de l'édition entre psychanalystes et partisans des TCC, réveillant d'autres querelles entre « millériens » et autres successeurs de Freud ; je ne m'étendrai pas non plus sur une sociologie qui sous prétexte de répondre aux « demandes sociales » abandonne bien souvent toute déconstruction, toute formulation d'hypothèses, pour répondre au premier degré à autant de questions sociales...).

A nous donc, tous ceux qui d'une manière ou d'une autre avons été élèves de Jean Gagnepain, de poursuivre le travail et de faire en  sorte que son enseignement soit reconnu à sa juste valeur. En se souvenant peut-être qu'il repétait souvent, comme il le fit en présence d'Edmond Hervé, lors d'une réception dans les salons de l'hôtel de ville de Rennes, à l'occasion de l'un des colloques d'anthropologie clinique, que son ambition était d'introduire « la méthode de Claude Bernard » dans le champ des sciences humaines"."
 
JM Le Bot
(auteur de Aux Fondements du Lien Social, éd l'Harmattan) .


LISTES DE DISCUSSION [01/02/2006] - Auteur : admin
LES LISTES SONT MAINTENANT OPERATIONNELLES.
 
Nous avons retenu deux listes :
 
     tmedia : cette liste remplace l'ancienne liste Tdmediation. Elle est ouverte à ceux qui en feront la demande.
     adam : cette liste est destinée aux membres de l'Apidam. Les messages ne seront lisibles que par eux.
 
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Vous recevrez ensuite les messages de la liste (ou des listes) dans votre boîte aux lettres habituelle - à l'adresse e-mail que vous aurez indiquée- et vous pourrez y répondre en utilisant la fonction de réponse de votre lociciel habituel. Vous pourrez également créer un message pour la liste, soit en utilisant l'interface du site, soit en utilisant votre logiciel de courriel (en indiquant l'adresse de la liste).
 
En espérant que vous prendrez plaisir à ces échanges,
 
bien à vous
 
Admin. 


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