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| Transverse [07/05/2010] - Auteur : admin |
Notre ami Jean Agnès nous annonce la création d'une nouvelle revue en ligne : TRANSVERSE.
"La revue transverse, revue de recherche à comité scientifique international et comité de lecture, est éditée par l’association interuniversitaire as2emi - soin, santé, éducation, milieux, fondée à Metz en juin 2008. La revue est dotée d’un comité de soutien et d’accompagnement formé par des personnalités reconnues pour leur attachement à ces questions, et les membres de l’as2emi.
La phase de préfiguration aboutira à la sortie du premier numéro en juin 2010. Nous aurons bientôt également le plaisir d'annoncer la mise en ligne sur le portail de revues.org. Vous trouverez sur le blog provisoire quelques repères relatifs à cette action : http://revuetransverse.canalblog.com/
Si vous souhaitez nous aider, vous pouvez faire abonner votre institution, adhérer à l'as2emi (souscr1ption), faire connaître la revue, indiquer ce nouveau support de publication à vos jeunes chercheurs et post-doctorants, soumettre une contribution…
Nous accueillerons avec intérêt toute suggestion et proposition de votre part. "
La charte précise : "Le projet Transverse touche la réflexion anthropologique et philosophique relative au soin et au prendre soin dans les domaines de la santé, de l'éducation et des milieux : soin « non-thérapeutique », éducationnel, culturel… Le soin se décline en paroles, en gestes, en actes, et se réfère au jugement singulier du tact. Il s’enracine aussi dans l’articulation de la tâche philosophique et de la détermination de l’art. La revue cherchera à se faire l’écho, à son niveau, et à sa façon, de l’urgence de la préoccupation de soin face aux défis de nos sociétés. Elle s’emploiera à contribuer à qualifier le sujet du soin dans sa raison d’être. (…).
Les concepts au cœur de ce chantier ouvert peuvent être travaillés selon trois axes : soin/santé, éducation/formation, milieux/médias. "
Contact : as2emi@laposte.net redaction.transverse@laposte.net
APPEL A CONTRIBUTION
A partir de son numéro 2, la revue transverse ouvre les rubriques suivantes :
Disputation (en addenda du dossier thématique : compléments, discussion, regards croisés, en flux continu), Varia, Lectures, ainsi qu’un Lexikon, un Bloc-notes, et des Nouvelles de l'as2emi.
NB Varias, et Lectures peuvent comporter des traductions d’articles non-parus en français.
Les propositions d’articles sont à envoyer par courriel avant le vendredi 3 septembre 2010 pour le n° 2, à :
redaction.transverse@laposte.net
Merci de joindre une courte notice biographique et de mentionner des coordonnées précises.
Toute proposition retenue pourra donner lieu à un article (ne dépassant pas 30 000 signes) accompagné d’un résumé en trois langues et des mots-clés. Une note de conseils sera adressée aux auteurs.
Les textes sont soumis à l’avis du comité de lecture.
A noter
Le numéro inaugural, Philosophie des milieux, est constitué du seul Dossier.
Il présente le sommaire suivant :
Liminaire : projet éditorial
Marilyn Molinet, Jean-Paul Resweber : présentation
Maurice Sachot, Le milieu peut-il faire loi ?
Pierre-André Dupuis et Henri Louis Go, Milieux, climats et atmosphères dans la forme scolaire d'éducation
Dominic Desroches L’homme comme désigner d’atmosphère (Peter Sloterdijk)
Marilyn Molinet, Une problématique de la connaissance (les musées en Allemagne)
Michael Zicola, Les champs d'attente (l’espace social de la souffrance)
Victor Petit, L’individu et son milieu (Georges Canguilhem)
Jean Agnès Le divin milieu : au sein des médias (une résurgence de la mésologie)
David Lucas, Souffrance au travail et juste milieu
Frédéric Seyler, La praxis subjective et ses médiations (Michel Henry)
Jean-Paul Resweber Monde des milieux et milieux du monde (la notion de milieu de vie)
Invité : Bernard Stiegler
Julien Gautier, Victor Petit, Le milieu chez Bernard Stiegler
Analecta (extraits : La technique et le temps : la faute d’Epiméthée ; Passer à l’acte ; Réenchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel).
Chaque volume imprimé est assorti d’un marque-page d’artiste, pour ce numéro 1 signé par Etienne Pressager.
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| Thèse de Justine Simon [13/01/2010] - Auteur : admin |
Justine Simon a soutenu en novembre dernier, à l’Université de Besançon, une thèse en Sciences du langage intitulée : « (Ir-)responsabilité démocratique de la presse d'actualité adressée aux jeunes ? Interdiscursivité et argumentativité dans le traitement des élections présidentielles françaises de 2002 et 2007. ». Celle-ci a été dirigée par le Professeur Andrée Chauvin-Vileno et par Bernard Couty. Cette thèse en analyse du discours a de la sorte la particularité d’être éclairée par le modèle d’anthropologie clinique appelé « Théorie de la Médiation ». Elle a été récompensée par les félicitations du jury.
Résumé :
Ce travail de recherche porte sur le traitement médiatique des élections présidentielles de 2002 et 2007 par la presse d’actualité adressée aux jeunes (désormais « PAJ »), à travers la question de la responsabilité dite démocratique posée sous un angle discursif.
C’est grâce à l’éclairage théorique de la Théorie de la médiation (désormais « TDM ») que cette notion centrale de responsabilité est explicitée - notion qui se situe au plan sociologique, comme conséquence de l’accès à la Personne qui nous fait membre de la Cité. Grâce à une distinction fondamentale faite entre cette détermination sociologique et une détermination axiologique (et précisément entre la légalisation du légitime, l’hégétique et la légitimation du légal, l’équité), il apparaît que la PAJ exploite une responsabilité démocratique qui relève d’une dialectique principalement axiologique à l’aide notamment de la culpabilisation, de la dramatisation et de la moralisation du comportement civique.
L’objet d’étude s’est construit à partir de cinq journaux et magazines d’actualité nationaux qui s’adressent spécifiquement à des jeunes : le journal quotidien L’Actu, le journal hebdomadaire Les Clés de l’actualité, le journal mensuel Les Dossiers de l’actualité et les magazines mensuels Phosphore et Citato.
L’objectif général de cette thèse a été de mettre à l’épreuve l’hypothèse selon laquelle le discours de presse étudié pouvait se définir à partir de quatre fonctions propres à la représentation des présidentielles : (1) fonction d’explication et d’analyse du contexte électoral, (2) fonction incitatrice qui invite les jeunes lecteurs à s’intéresser à ce contexte, (3) fonction polémique permettant d’amorcer le débat et (4) fonction légitimante édictant la bonne conduite électorale à adopter.
C’est l’articulation des concepts d’interdiscursivité et d’argumentativité qui fonde l’analyse de la représentation médiatique de l’événement politique à partir d’un cadre théorique d’analyse argumentative du discours favorisant une approche interdisciplinaire dite raisonnée (sciences du langage (analyse du discours et argumentation) / sciences de l’information et de la communication / sciences politiques et éclairage particulier de la TDM).
Le recours à l’anthropologie clinique ne constitue pas le fil directeur, mais le filigrane de la thèse - ses buts et méthodes différant fondamentalement de ceux de l’analyse de discours. La TDM intervient notamment de manière déterminante pour appréhender des notions complexes - telles que l’événement ou l’adolescence - à un seuil essentiel d’abstraction. Cette théorie a en outre un intérêt général en ce sens qu’elle offre de nouvelles perspectives pour appréhender l’Homme, ses discours, ses outils, ses rapports aux autres et le contrôle de son désir. La diffraction proposée par la TDM donne ainsi du relief aux champs de l’analyse du discours et de l’argumentation à trois niveaux : au niveau de la manière de dire, au niveau de la manière de dire sociologiquement et au niveau de la manière de dire régulée par l’éthique personnelle.
L’étude du corpus privilégie trois entrées : les stratégies d’accroche utilisées pour intéresser les jeunes lecteurs, les différentes stratégies élaborées pour représenter le discours autre et les arguments défendus dans les discours des jeunes représentés sur la et le politique. Sont abordés enfin certains effets argumentatifs indirects produits par les mises en scène du débat démocratique dans la presse d’actualité adressée aux jeunes.
Date de la soutenance : Jeudi 12 novembre 2009.
Mention obtenue : Très honorable avec les félicitations du jury.
Membres du jury : Andrée Chauvin-Vileno. Professeur en Sciences du Langage. Université de Franche-Comté. Laboratoire de Sémiotique, Linguistique, Didactique et Informatique (LASELDI). Directeur. Bernard Couty. Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication. Université de Franche-Comté. Laboratoire de Sémiotique, Linguistique, Didactique et Informatique (LASELDI). Co-directeur. Marianne Doury. Docteur de l’Université Lumière - Lyon 2. Chargée de recherche (Théories de l’argumentation, Analyse argumentative). Laboratoire Communication et Politique (LCP), CNRS, Paris. Chargée de cours à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Guy Lochard. Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication. Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Equipe d’accueil Communication, Information, Médias (CIM). Responsable du Centre de recherches sur l'éducation à l'actualité et aux médias (CREDAM). Alain Rabatel. Professeur en Sciences du Langage. Université Claude-Bernard - Lyon 1 (Institut Universitaire de Formation des Maîtres). Unité Mixte de Recherche Interactions, Corpus, Apprentissages, Représentations (ICAR). Université Lumière - Lyon 2. Rapporteur et Président de jury. Jean-François Tétu. Professeur émérite en Sciences de l’Information et de la Communication. Université Lumière - Lyon 2. Equipe de recherche de Lyon en sciences de l’Information et de la Communication (ELICO). Rapporteur.
Table des matières
PREMIÈRE PARTIE : CADRAGE THÉORIQUE : Pour une analyse de l’interdiscursivité et de l’argumentativité dans le discours de presse adressée aux jeunes
CHAPITRE 1 : Un ancrage théorique en analyse du discours
I1- 1. Les origines de la pratique française de l’analyse du discours
I1- 2. Contexte et analyse du discours
I1- 3. Le « choc bakhtinien »
I1- 4. Sur l’idéologie
CHAPITRE 2 : L’argumentation dans le discours
I2- 1. Le modèle d’Amossy comme point de départ
I2- 2. Déconstruire l’argumentation ?
DEUXIÈME PARTIE : LA PRÉSIDENTIELLE PRÉSENTÉE AUX JEUNES : Enjeux démocratiques de représentation médiatique des élections présidentielles françaises de 2002 et 2007 pour la presse d’actualité adressée aux jeunes
CHAPITRE 3 : Un discours médiatique tourné vers la jeunesse
II3- 1. La question de la jeunesse
II3- 2. Présentation générale des médias de presse d’actualité adressée aux jeunes
II3- 3. Les journaux et magazines étudiés
CHAPITRE 4 : La présidentielle : un événement politique représenté par la presse d’actualité adressée aux jeunes
II4- 1. Contextes politiques des élections présidentielles françaises de 2002 et 2007
II4- 2. L’élection représentée en « événement médiatique »
II4- 3. Les élections analysées en termes de « moments discursifs »
CHAPITRE 5 : La presse d’actualité adressée aux jeunes dans le débat démocratique
II5- 1. Les jeunes, acteurs du politique
II5- 2. Le rôle de la presse d’actualité adressée aux jeunes en régime démocratique
II5- 3. La responsabilité démocratique
TROISIÈME partie : InterdiscuRSIVITÉ et ArgumentativitÉ : Analyse des mécanismes discursifs de responsabilité démocratique : problématiques énonciative et argumentative
CHAPITRE 6 : Dialogisme interlocutif et stratégies d’accroche
III6- 1. Stratégies d’accroche à propriétés socio-linguistiques
III6- 2. Stratégies d’accroche à propriétés axio-linguistiques
CHAPITRE 7 : Dialogisme interdiscursif et stratégies de représentation du discours autre
III7- 1. La presse d’actualité adressée aux jeunes et le désir d’objectivité
III7- 2. Représentations du discours autre par instances
III7- 3. Représentations du discours autre par modes énonciatifs
CHAPITRE 8 : Discours représentés des jeunes, arguments sur la et le politique et mises en scène du débat démocratique
III8- 1. Analyse des représentations du discours des jeunes par modes énonciatifs
III8- 2. Analyse des discours argumentatifs des jeunes
III8- 3. Mises en scènes du débat et effet argumentatif indirect de démocratisation
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| La Plainte douloureuse [05/12/2009] - Auteur : admin |
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La plainte douloureuse
Hubert GUYARD
Presses Universitaires de Rennes
2009
407 pages
Présentation de l'ouvrage
Hubert Guyard, professeur en sciences du langage à l’Université européenne de Bretagne – Rennes 2, spécialiste des troubles du langage et consultant dans le service de neurologie et à l'unité d'évaluation et de traitement de la douleur chronique du CHU de Rennes, propose dans cet ouvrage une approche originale de la plainte douloureuse.
Cette plainte, qui transforme la douleur biologique en souffrance humaine, relève de quatre registres de processus. Elle est logiquement conçue à travers les mots dont on dispose, techniquement traitée à partir des moyens mis en œuvre, socialement reconnue en fonction des réseaux d’appartenances et des compétences professionnelles, enfin moralement évaluée et endurée du fait des exigences éthico-morales que le douloureux s’impose.
S'appuyant sur la théorie de la médiation de Jean Gagnepain, c'est en définitive à une théorie « tétramorphe » du fonctionnement humain qu'une telle analyse de la douleur fait appel.
Proposant des repères pour l’écoute et l’accompagnement des malades, ce livre s’adresse à tous ceux, médecins, infirmiers, psychologues, étudiants, patients, concernés par la douleur chronique.Dessin de couverture de Corentin, Kilian et Ewen
L'auteur :
Hubert Guyard, Professeur de Sciences du Langage à l'Université de Rennes 2 est décédé le 15 février 2009.
Table des matières
Introduction
Chapitre I — Une douleur à visages humains
1. La plainte douloureuse n’est pas réductible aux seules données de la biologie
Chez les historiens Chez les sociologues Chez les psychologues ou psychanalystes
2. La plainte douloureuse est complexe et doit être analysée ou déconstruite
Les composantes de la douleur Le tétramorphisme de la rationalité
3. Une douleur logiquement conceptualisée : un symptôme
4. Une douleur techniquement produite : un dysfonctionnement
5. Une douleur socialement reconnue : un handicap
6. Une douleur moralement endurée : une épreuve
7. Une formalisation incorporée
Chapitre II — La complexité d’une consultation
1. La consultation comme échange de service
La consultation : la place de chacun Les consultations : un parcours de compétences
2. La complexité de la clinique
Contribuer au diagnostic : la collocution Contribuer au traitement : la coopération Contribuer au soulagement : la compassion
3. Les difficultés des douleurs chroniques
Difficultés diagnostiques Difficultés techniques Difficultés thérapeutiques
Chapitre III — De l’empathie à l’argumentation
1. De la subjectivité immédiate à la médiation des arguments
L’empathie immédiate ou subjective La médiation des arguments L’empathie thérapeutique (ou médicale)
Identification ou traduction ? La mesure de l’erreur est humaine De la subjectivité immédiate à la prise de distance
2. La dimension paradoxale de l’argumentation : contredire et persuader
3. Les raisons incidentes de l’argumentation
L’argument logique : démontrer en disant L’argument technique : démontrer en faisant L’argument moral : démontrer en jugeant
Chapitre IV — La douleur racontée
Introduction
1. La nécessaire déconstruction du récit
Le récit est un concept trop hétérogène Faire connaissance avec le douloureux chronique
Cohérence et cohésion de la narration Cohérence et cohésion de l’évènement
Le récit comme dramatisation (l’aventure, le trauma) Le récit comme écriture (le scr1pt)
2. De quoi la fiction narrative constitue-t-elle l’abstraction ?
L’analgésie préventive L’algohallucinose Douleur commune ou douleur propre La douleur en héritage
Chapitre V — Les raisons de la descr1ption des douleurs
1. L’importance de la descr1ption
La complexité de la descr1ption douloureuse Quatre raisons implicites à l’œuvre dans la descr1ption de la douleur Le paradoxe du descr1ptible et de l’indescr1ptible Des douleurs progressivement approchées par la descr1ption
2. Quatre parcours descr1ptifs
La descr1ption comme parcours explicatif La descr1ption comme parcours exécutif La descr1ption comme parcours interlocutif La descr1ption comme parcours expressif
3. La reformulation descr1ptive
Le poids de la référence dans les reformulations explicatives Le poids de l’efficience dans les reformulations exécutives Le poids de l’influence dans les reformulations dialogiques Le poids de la préférence dans les reformulations expressives
Conclusion
Chapitre VI — Savoir, ouvroir, devoir
1. L'éducation du patient. A propos de la migraine
2. Le savoir des patients migraineux
1.1. Un savoir médical à relativiser 1.2. Une douleur hétérogène et complexe 1.3. Des constellations de mots 1.4. Le déroulement de la crise migraineuse 1.5. La localisation de la douleur 1.6. Ce que le médecin peut retirer de l’analyse de ses patients
3. L’ouvroir des patients migraineux
4. Le devoir des patients migraineux
5. L’éducation du patient
Conclusion
Chapitre VII — La douleur en questions
1. Un rapport non transparent de la question et de la réponse
2. Une professionnalisation des questionnaires
Les questionnaires sur le vocabulaire de la douleur Les questionnaires sur la représentation de la douleur Les questionnaires sur l’évaluation de la souffrance
L’échelle H.A.D. d’évaluation de l’anxiété L’échelle de qualité de vie
3. Les questionnaires en question
Une répartition forcée des visées performancielles Le statut de l’objet dans la démarche scientifique Une volonté de se démarquer des sciences « dures »
4. Effacer ou exploiter les obstacles culturels : question de méthodes
Conclusion
Chapitre VIII — La douleur comme enjeu
1. Douleurs et sclérose en plaques : Les malades comme partenaires obligés d’une définition du soin
Présentation du problème Présentation méthodologique Résultats Des données dynamiques Conclusion
2. L’hétéro-évaluation de la douleur : La douleur comme enjeu d’une compétence professionnelle
L’hétéro-évaluation de la douleur n’est pas immédiate
Sémantiquement Techniquement Socialement Moralement
3. Représentation des douleurs induites par les soins (DIS)
Étude des douleurs induites par les soins
Essai de nomenclature des douleurs provoquées par les soins
Mesure de la fréquence et de l’intensité de la douleur Typologie des douleurs
Solutions déjà mises en œuvre Améliorations envisagées Comparaison des deux services : neurologie et MPRA
Une part de responsabilité à négocier
Le cadre plus général d’une politique de santé publique L’analyse des processus : la modélisation d’une collaboration professionnelle
Une approche dynamique du fonctionnement Des problèmes davantage ciblés Un espace contractuel de responsabilité en quête de ses limites Faire exister les douleurs induites par les soins
Conclusion générale
Chapitre IX — Plainte douloureuse et psychopathologie
1. Comprendre le fonctionnement normal
2. Le cadre général d’une anthropologie clinique
La preuve est dans le symptôme Au-delà du handicap, la recherche du symptôme
Des douleurs psychogènes Des références à la psychiatrie
3. L’apport des troubles neurologiques
Le niveau discriminatif Le niveau structural : la pathologie comme fusion Le niveau gestaltique : la pathologie comme abstraction forcée
4. L’apport des troubles psychiatriques
L’abus de pouvoir : la mesure de la violence entre fusion et autolyse L’attentat à la pudeur : la mesure de la décence entre fusion et autolyse L’abus de consommation : la mesure de la tentation entre fusion et autolyse La négligence coupable : entre fusion et autolyse Schéma des dérives (ou des crises) possibles face à la douleur
Conclusion
Chapitre X — La douleur décevante
1. Des douleurs chroniques psychogènes de type hystérique
2. Une étude sur les douleurs hystériques
Perspectives générales de l’étude Résultats de l’étude
La douleur chronique comme préoccupation excessive de la santé La chronicité comme restriction progressive du légitimement supportable Une restriction qualitative ou quantitative : de pire en pire, ou de plus en plus Un formalisme de la transgression morale La plainte hystérique comme construction paradoxale : réquisitoire et plaidoyer La chronicisation comme dramatisation après-coup d’événements traumatisants La chronicisation comme légitimation contraignante, au risque progressif de l’illégalité
3. La douleur hystérique comme métaphore
Une société confrontée à l’incertitude Une société moralement préoccupée de l’abus de pouvoir
Conclusion
Bibliographie
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| Histoire du sujet et théorie de la personne. [20/11/2009] - Auteur : admin |
 Les Presses Universitaires de Rennes viennent de publier :
Histoire du sujet et théorie de la personne
La rencontre Marcel Gauchet-Jean Gagnepain.
Sous la direction de Marcel Gauchet et Jean-Claude Quentel.
Dans la conférence qui inaugure cet ouvrage, Marcel Gauchet propose un condensé de ses travaux autour de la notion d’ « Histoire du sujet », notion qui s’applique aussi bien au champ politique et social qu’à celui de la psychologie ou de la psychopathologie. Mais il la met en même temps en rapport avec celle de « Personne » élaborée par Jean Gagnepain dans le cadre de sa théorie anthropologique dite de la médiation. Car si les perspectives générales de ces deux auteurs s’avèrent différentes, leurs réflexions se croisent et se répondent sur bien des points. La conférence de Marcel Gauchet, qui est suivie d’un débat, offre ensuite l’occasion à plusieurs auteurs, s’inscrivant pour l’essentiel dans la suite de Jean Gagnepain, d’explorer à la fois les convergences et les divergences entre les travaux de ces deux grands chercheurs et de poursuivre la réflexion autour des thèmes que ces notions d’Histoire du sujet et de Personne recouvrent. Marcel Gauchet conclut l’ensemble en réagissant à ces propos.
Ont contribué à cet ouvrage :
Jean-Marie Allaire ; Jean-Luc Brackelaire ; Jean-Yves Dartiguenave ; Jean-François Garnier ; Marcel Gauchet ; Clément de Guibert ; Hubert Guyard ; Jean-Michel Le Bot ; Jean-Claude Quentel ; André Sauvage ; Pierre-Henri Tavoillot ; Jean-Yves Urien.
Table des articles :
Présentation
GAUCHET M., Personne, individu, sujet, personnalité
Discussion
TAVOILLOT P.-H., Marcel Gauchet - Jean Gagnepain, éléments pour une rencontre
QUENTEL J.-C., Marcel Gauchet et la médiation : une même préoccupation anthropologique
ALLAIRE J.-M., Quelques remarques sur l’histoire de la notion de sujet
SAUVAGE A., DARTIGUENAVE J.-Y., GARNIER J.-F., Historiographie et anthropologie : vers un mariage de raisons ?
ALLAIRE J.-M., À propos de « Historiographie et anthropologie : vers un mariage de raisons ? »
BRACKELAIRE J.-L., La Personne en suspens. Singularisme moderne et courts-circuits de transmission
LE BOT J.-M., Par-delà nature et culture : la dialectique ?
GUYARD H., de GUIBERT C., Langue, pouvoir et politique au regard de la schizophrénie et de la paranoïa
URIEN J.-Y., La personne dite. Le nom propre au regard de la théorie de la médiation
QUENTEL J.-C., L’enfant et l’éducation chez Marcel Gauchet et chez Jean Gagnepain
GAUCHET M., De la personne à l’être-ensemble
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| Parutions récentes [12/04/2009] - Auteur : admin |
 Daniel COUM, psychanalyste, directeur de Parentel, à Brest, et chercheur associé au LIRL vient de publier aux éditions Milan un ouvrage intitulé :
DU BON USAGE DES CONFLITS. Les affronter pour mieux les dépasser.
Le livre, réalisé pour le grand public, traite des relations conflictuelles.Il répond à une commande en ce sens et Daniel s'est associé pour le réaliser à une journaliste de Milan, Isabelle Gravillon.
Dans notre société volontiers consensuelle, le conflit n’a pas bonne presse. Inconsciemment ou non, on préfère le contourner, voire l’éviter à tout prix. On veut la paix ! En politique, c’est ce qui explique en partie le succès du centre, plus rassurant que l’opposition gauche-droite… Mais pourtant, le conflit est partout : entre frères et soeurs, au travail, dans le couple, dans la rue, etc. Est-ce un mal ?
 Beaucoup de nos lecteurs connaissent Jacques Schotte et n'ignorent pas pas les liens profonds qui existaient entre lui et Jean Gagnepain. On doit notamment à Jacques Schotte la diffusion de la théorie de la médiation en Belgique.
Jean-François Rey, philosophe lillois a rendu un bel hommage à Jacques Schotte dans un article dont vous trouverez ici les références :
C'est à présent un médecin psychiatre belge, le Dr Jean-Louis FEYS qui lui rend hommage dans un ouvrage intitulé
L'ANTHROPOPSYCHIATRIE DE JACQUES SCHOTTE
L'ouvrage est paru aux éditions Hermann. Un chapitre du livre est consacré à la théorie de la médiation.
Voici ses références et le résumé de l'ouvrage :
ISBN 978 27056 6817 4 Collection : Hermann Psychanalyse 443 p. Présentation : Jacques Schotte (1928-2007), psychiatre, psychanalyste, fondateur de l’École belge de psychanalyse, est un penseur qui a bouleversé le paysage de la psychiatrie. Pourtant, son enseignement n’a pas eu, au sein même du milieu psychiatrique, la reconnaissance qu’il mérite. Ce livre relate avec minutie les étapes du projet anthropopsychiatrique de Jacques Schotte qui rend à jamais caduque toute tentation néo-positiviste. En conjuguant la psychiatrie avec la philosophie et la psychanalyse, Schotte revient aux fondements anthropologiques de la psychiatrie qui trouve ou retrouve la spécificité qu’elle avait oubliée. En rapprochant la nosographie d’un modèle philosophique, l’impressionnant parcours de Jacques Schotte et ses nombreuses rencontres (Maldiney, Binswanger, R. Kuhn, Lacan, Tosquelles…) permettent de travailler le champ psychiatrique de manière radicalement renouvelée entre humanité, science et logique. Le projet de cet ouvrage est de retrouver la cohérence de la pensée de Schotte et de prolonger son enseignement par d’autres lectures qui permettent d’en souligner l’importance.
Jean-Louis Feys est médecin-chef du Centre psychiatrique Saint-Bernard à Manage, et coordinateur médical à l’IMP Sainte-Gertrude de Brugelette en Belgique.
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| Dans les Tétralogiques [26/03/2009] - Auteur : admin |
Actuellement TREIZE titres sont disponibles :
"Perdition ou effondrement" (Tétralogiques 11, H. Guyard, R. Le Borgne)
"Le Test du Test. Pour une linguistique expérimentale" (Tétralogiques 2, H. Guyard)
"L'aphasie ou le paradoxe du phénomène" (Tétralogiques 2, MC Le Bot)
"Les opérations arithmétiques à l'épreuve de la clinique" (Tétralogiques 8, Jean-Yves Urien et Hubert Guyard)
" Marque et immanence dans la théorie du Signe" (Tétralogiques 1, Jean-Yves Urien)
"L'enfant IMC et le langage" (Tétralogiques 8, A.Deneuville, H. Guyard, JC.Quentel),
"Le trouble et sa provenance en clinique psychiatrique" (Tétralogiques 14, JC.Quentel),
"L'habitus entre sujet et personne" (Tétralogiques 13, 2001, JM Le Bot)
"La syntaxe à l'épreuve de l'aphasie" (Tétralogiques 1, 1984, A. Duval et alt.)
"Compte, conte et Comte ou 'L'Homme de Loi'" (Tétralogiques 4, 1988, J. Laisis)
"De l'arbitraire saussurien à la dissociation des plans" (Tétralogiques 5, 1988, JY Urien)
"Esprit es-tu là ? Observation d'un trouble du discours chez un malade cérébrolésé" (Tétralogiques 11, 1997, JY Urien et H. Guyard)
"La paternité en question" (Tétralogiques 12, 1999, JC Quentel).
Cliquez l'onglet "Tétralogiques" pour obtenir les descriptifs des articles et télécharger.
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| Parentalités et filiations adoptives [25/06/2008] - Auteur : admin |
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Les carnets de Parentel
Revue semestrielle d’échanges pluridisciplinaires sur la parentalité
N° 28 : Parentalités et filiations adoptives
Avec les contributions de :
Elisabeth CASTEL, psychologue, Parentel
Daniel COUM, psychologue, Parentel
Fanny COHEN HERLEM, pédopsychiatre, Paris
Armelle GALIN, psychologue clinicienne, accueillante à l’Arbre Vert, Paris
Marie-Christine LE BOURSICOT, magistrate, Rouen
Sophie MARINOPOULOS, psychologue et psychanalyste, CHU.
Camille MANACH-MASSON, psychologue clinicienne, accueillante à l’Arbre Vert, Paris
Armelle NORMANT, présidente de l’association Les Bolomigs
Jean-Claude QUENTEL, psychologue, Pr. en Sciences Humaines, Rennes
« Chaque enfant, qu’il soit adopté ou non, au sein de chaque famille, est porteur d’une histoire qui lui est propre. Chaque enfant vient témoigner de son jardin secret et de sa fantaisie concernant son histoire et celle de ses parents : le contexte de sa naissance, ce qui lui a été dit, ce qu’il a imaginé, ce qu’il pressent… et la construction imaginaire qu’il fera de son histoire et de ses origines. Il s’agit là du roman familial évoqué par Freud et qui concerne tout enfant, qu’il soit adopté ou non. Alors l’adoption, comme autre forme du « faire famille », peut-elle venir éclairer le lien parent-enfant ? L’adoption peut-elle nous aider à comprendre la place de l’enfant au sein de la famille ? Enfant, adopté ou non… Ne s’agit-il pas pour chaque enfant de devenir sujet de sa propre histoire et ne plus être seulement objet de désir pour ses parents ? »
Elisabeth Castel
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| NOUVELLES DE L'EDITION [11/06/2008] - Auteur : admin |
Un Savoir de référence pour le travail social.
JEAN-YVES DARTIGUENAVE - JEAN-FRANCOIS GARNIER
Editions ERES Pratiques du champ social
ISBN : 978-2-7492-0883-1 EAN : 9782749208831 13,5 x 21, 272 pages
Le plus souvent, les travailleurs sociaux ont l’impression de ne disposer que d’un savoir en miettes qui donne à voir un homme morcelé, ce que renforce la tendance actuelle à réduire le traitement des difficultés et des souffrances humaines à de simples procédures ou dispositifs. Or le travail social, sous peine de perdre son âme, doit s’articuler à un savoir constitué sur l’homme – sans pour autant renoncer à le discuter, à en éprouver sa pertinence – qui ne soit pas la somme des apports disciplinaires (sociologie, psychologie, économie sociale, etc.).
En prenant appui sur des situations concrètes qui nécessitent l’intervention de travailleurs sociaux, les auteurs définissent une anthropologie qui rend compte de la spécificité des processus par lesquels l’homme négocie son rapport au monde et aux autres. Ils présentent ainsi un antidote aux dérives instrumentales et managériales qui affectent aujourd’hui en profondeur le travail social.
Quatre ans après la parution de L’homme oublié du travail social, cette nouvelle édition rebaptisée en appelle à dépasser l’ornière de « rien ne va plus » pour construire une alternative théorique qui confère un sens aux pratiques existantes, et envisage des pistes de travail inexplorées. Son ambition est de participer à la valorisation des pratiques d’aide et d’assistance aux personnes trop souvent décriées, en les ancrant dans une posture épistémologique exigeante.
Sociologue pendant une dizaine d’années dans un service d’action sociale d’une CAF, Jean-Yves Dartiguenave est aujourd’hui maître de conférences en sociologie à l’université de Rennes 2 et chercheur au LAS.
Ancien travailleur social, Jean-François Garnier a été formateur dans un Institut régional de formation de travailleurs sociaux. Docteur en sociologie, il est chercheur au Laboratoire d’anthropologie et de sociologie (LAS) de l’université de Rennes 2.
Le parent Responsabilité et culpabilité en question
Jean-Claude Quentel
Editions De Boecke Collection : Raisonnances
Cet ouvrage a pour objectif d'expliciter les fondements mêmes de la parentalité à partir des acquis des sciences humaines contemporaines, que ce soit de la psychanalyse, de la sociologie, de l'ethnologie ou de l'histoire. C'est à travers l'examen des deux registres déterminants de la responsabilité et de la culpabilité que l'on tente de voir à quelles lois spécifiques répond le fonctionnement de l'homme lorsqu'il se fait parent. Ces deux registres ne s'ordonnent pas au même principe explicatif. S'appuyant sur l'expérience de la clinique, le livre en démonte les rouages, dans leur lien avec l'exercice de la parentalité, de telle sorte qu'il devient possible de repenser nos conduites contemporaines à travers le moindre acte de la réalité quotidienne.
Jean-Claude Quentel, Professeur à Rennes2 et responsable du LIRL, est bien connu de nos lecteurs, notamment par deux autres de ses ouvrages : L'Enfant, Problèmes de genèse et d'histoire (chez De Boecke) et Aux Fondements des Sciences Humaines (chez Erès).
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| Que veut dire être parent ? [18/04/2008] - Auteur : admin |
%20.jpg) Les éditions Erès viennent de publier : " Que veut dire être parent aujourd'hui ?", sous la direction de DANIEL COUM , psychologue clinicien, directeur de Parentel, membre associé au Laboratoire d’anthropologie et de sociologie de Rennes 2, membre du Conseil scientifique de la Fédération nationale des écoles de parents et d’éducateurs. .
Co-Auteurs : CECILE ENSELLEM - LAURENCE GAVARINI - FREDERIC JESU - CLAIRE JODRY -JEAN-PIERRE KERVELLA - AGNES LOUIS-PECHA - MARIA MAILAT - SOPHIE MARINOPOULOS - MARIE ROSE MORO - JEAN-CLAUDE QUENTEL - REGIS SECHER - PIERRE-HENRI TAVOILLOT -
ISBN : 978-2-7492-0876-3 EAN : 9782749208763 14 x 22 - 288 pages 23.00 €
Présentation : "Les transformations familiales ont produit leur lot de progrès escomptés (égalité des sexes, démocratie familiale et valorisation de l’enfant) mais également leur lot d’effets secondaires négatifs (indifférenciation des positions parentales, fragilisation des frontières intergénérationnelles, idéalisation de l’enfance). Ainsi être parent ne va plus de soi aujourd’hui. Jamais dans l’histoire de l’humanité, la fonction parentale, pourtant pilier de l’organisation sociale et de la construction personnelle, n’a été l’objet d’autant d’interrogations, d’hésitations et de doutes. Le désir d’enfant – un enfant si je veux, quand je veux, comme je veux – suffit-il à faire d’un adulte un parent ? Et le désir de l’enfant – son intérêt – suffit-il à fonder un nouvel ordre familial ? Dans une approche pluridisciplinaire mêlant analyses et implications pratiques, les auteurs de cet ouvrage font le point sur les particularités et les caractéristiques du rôle et de la fonction de parents, et démontrent la nécessité de dessiner un au-delà des sentiments – de l’amour et de la haine – comme autre repère pour l’exercice de la parentalité et de son accompagnement."
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| Hommage d'Armel Huet à Jean Gagnepain [05/02/2008] - Auteur : admin |
Rennes le 12 octobre 2007
Monsieur le Président, Messieurs les Présidents
Cher Martial Gabillard représentant Monsieur le Maire
Cher Bruno Gagnepain
Chers amis.
Bonjour à tous et merci d’être venus à cette cérémonie. Merci Monsieur le Président, merci aux Instances de l’Université d’avoir choisi de rendre hommage à Jean Gagnepain en donnant son nom à l’amphithéâtre où il a rassemblé pendant quelques décennies, à l’occasion de son séminaire, plusieurs générations de personnes appartenant à des disciplines et à des horizons différents. Si Jean Gagnepain a en effet réussi à rassembler régulièrement, à raison d’une douzaine de séminaires par année, autant de personnes, c’est parce que les unes et les autres, à des titres divers, ont compris que quelque chose d’essentiel, de nouveau se disait dans ces séminaires, c’est parce qu’elles trouvaient dans les propositions de la théorie de la médiation des éclairages nouveaux concernant les questions sur lesquelles elles butaient dans leurs disciplines et leurs métiers respectifs. Et effectivement nous savons, ceux d’entre nous qui ont participé aux séminaires de Jean Gagnepain, combien la théorie de la médiation, non seulement nous a enrichi les uns et les autres dans notre réflexion, mais qu’elle a ouvert des voies nouvelles qu’il nous appartient désormais d’explorer chacun dans nos propres domaines et là où nous sommes .
Comme toute pensée puissante, comme toute théorie nouvelle apportant des regards inattendus, mais pertinents et nécessaires à notre compréhension du monde, l’anthropologie clinique et la théorie de la médiation ont suscité certes l’adhésion mais tout autant l’indifférence et l’hostilité, et en premier lieu dans cette université. Jean Gagnepain, nous le savons, accordait peu d’importance à ces réactions, il s’en amusait même, considérant qu’elles ne faisaient que manifester chacune l’ignorance et l’incompréhension de son entreprise scientifique. L’important pour lui, c’était d’élaborer à partir, mais au delà de sa propre discipline, les sciences du langage, les bases d’une nouvelle anthropologie, pour nous aider à mieux analyser et à comprendre autrement et de manière pertinente, adaptée à notre temps, les phénomènes de culture. C’est en ce sens et avec cette ambition qu’il a forgé ce qu’il a appelé la théorie de médiation, différente dans sa conception des théories classiques des sciences humaines. En effet il la concevait seulement comme un simple outil pour aider à penser les phénomènes de culture, un outil devant être sans cesse amélioré par sa mise en œuvre et la confrontation à la réalité des activités humaines et par l’expérimentation. Nous savons que Jean Gagnepain a pu satisfaire cette exigence d’expérimentation grâce à la collaboration avec Olivier Sabouraud, dont il faut aussi en cette heure saluer le rôle, car sans lui la théorie de la médiation n’aurait sûrement pas été ce qu’elle est.
C’est ainsi que Jean Gagnepain a pris ses responsabilités dans le renouvellement du savoir. C’était sa manière de contribuer à l’édification d’une nouvelle université, qu’il appelait avec malice Rennes 3, une université se libérant des savoirs construits et féconds certes pour une époque dont nous vivons le terme à travers les mutations qui la transforment, mais des savoirs qui sont souvent devenus aujourd’hui des carcans, des obstacles à l’activité scientifique. Jean Gagnepain a compris très tôt que dans un monde en mutations l’université devait aussi mûter en travaillant à produire les connaissances et à imaginer les formations pour le siècle dans lequel nous entrons.
Si nous rendons hommage aujourd’hui à Jean Gagnepain, c’est certes parce qu’il a marqué notre université de ses enseignements et de son rayonnement intellectuel, mais c’est aussi, je le souhaite, pour marquer l’intention de faire vivre son œuvre. Il appartient alors à l’institution universitaire qui fut la sienne et aux différentes structures de recherche, notamment le Lares premier noyau de sociologues en France à s’intéresser à la théorie de la médiation et à la mettre à l’épreuve dans leurs travaux, et le Las, qui désormais a intégré en son sein le Lirl qui fut son laboratoire, de reprendre et de poursuivre son entreprise scientifique. Sans cette volonté de ces institutions respectives, notre hommage se limiterait à une simple commémoration d’un passé certes brillant, mais que l’on voudrait révolu. Ce que craignait le plus Jean Gagnepain. En effet ceux qui l’ont connu savent qu’il ne voulait surtout pas qu’on le statufie en l’honorant, ni qu’on enterre la théorie de la médiation en la conservant en l’état ou encore pire en en faisant une doctrine intouchable, et qui le serait d’autant plus qu’elle serait marginale, puisqu ’il la concevait avant tout comme un point de départ, comme un ensemble ordonné, raisonné de jalons, de repères pour des voies nouvelles du savoir sur l’humain. Comme il nous répétait sans cesse, je ne dis pas que j’ai raison, mais j’essaie de proposer quelque chose de fondé et de cohérent, de fabriquer un outil qu’il restera à améliorer et à utiliser. Et il comptait beaucoup pour cela que l’on dépasse les frontières de l’université pour travailler avec les hommes et femmes qui sont confrontés dans l’exercice de leurs métiers à l’exigence de nouvelles approches, de nouveaux outils. C’était sur la fin de sa vie une de ses grandes préoccupations. Saurions-nous faire un autre usage de la théorie de la médiation qu’un usage académique ? Saurions nous organiser et recevoir les contributions de ceux qui par leurs métiers font le monde au quotidien ?
Je voulais seulement insister sur ces deux points en ce jour de reconnaissance et d’hommage. Je terminerais en rappelant que Jean Gagnepain certes nous a laissé une œuvre marquante et qui marquera assurément les sciences humaines. Nous, une partie de sociologues, rennais, extérieurs ou étrangers, nous devons beaucoup à Jean Gagnepain, et je dirais sur tous les plans. Jean Gagnepain nous a marqués par les qualités de sa personne, qualités qu’il manifestait sans cesse par son humour plein de sel mais toujours bienveillant. L’humour faisait partie de sa méthode. Qu’est-ce qu’il nous a fait rire !. Et bien continuons à rire de nos difficultés de toutes sortes si nous voulons que vive l’œuvre de Jean Gagnepain. ! Il faut rappeler aussi la qualité qu’il apportait dans ses relations. Et on se doit de retenir son exemple, si dans cette université nous voulons nous entendre comme il était si facile de s’entendre avec Jean Gagnepain, quelles que soient les divergences que tels ou tels collègues puissent avoir avec lui.
Merci à tous
Merci aux collègues du Lirl
Merci à Irne Brunel, à Thérèse Olivier, à Martine Autret, à Aurélie Bertrand, et aux autres personnes qui ont pu les assister pour la préparation de cette manifestation.
Merci à Bruno Gagnepain d’être venu. Nous sommes honorés de votre présence cher Bruno. Vous ne manquerez pas de transmettre nos salutations et notre amitié à Madame Gagnepain qui est pour bon nombre d’entre nous continue d’assurer la présence vivante de Jean Gagnepain. Dites lui combien nous l’estimons et l’aimons.
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